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Mardi 11 octobre 2011 à 18h30 à La Cour des Miracles, Rennes (rés. 02 99 79 55 87), dans le cadre de Libres en littérature, auteures et femmes de Bretagne

 

Fatima Rodriguez, professeur à l’UBO (Brest), présentera  son recueil de poésie Oblivonalia paru aux éditions Les Hauts Fonds.

Fatima Rodriguez est une voix rare, car outre qu’on ne la lit pas assez, les quelques textes qui nous parviennent mettent au jour une exigence naturelle qui, du poème-corps habité en soi (sensation, articulation de l’intime, mezzo voce : chant et musique), s’étend au monde, à la langue, aux langues dites mineures, à ce qu’elle nomme très justement dans cette magnifique lettre* à Susy Delgado, poète guarani, le rôle de diseur :

« Notre pratique restera sans doute plus proche du désir que de la possession, et ce sera toujours ainsi jusqu’à ce que l’usure, la maladie ou le renoncement confisquent les obsessions des quelques milliers de diseurs que nous sommes. »

Diseur de soi et diseur de l’autre, cette défense de la diversité (« entendue comme une pluralité »), de l’humanité rémanente et aiguë scrutée et défendue dans l’écriture et son pendant altruiste, la traduction, on en trouve évidemment trace dans sa poésie. Que l’on se penche, et s’attarde, sur ce texte intitulé « Neuf séquences du jeu de marelle » (Nove sequencias da xogo da mariola). Il dit, entre autres, scandés dramatiquement et à mi-voix en une sorte de torpeur confidentielle, les paysages de la mémoire, l’enfance et ses blessures comme la dépossession de l’âge adulte, l’illusion et la lutte :

«  Nous brûlons d’être boue plus que la boue elle-même

de noyer le tracé du jeu

du canevas qui nous a laissé bien écartelée la mémoire. »

A. Le Saux

 

* Publiée dans le Peuple breton, juillet-août 2010.

 

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