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exposition León Ferrari

21 sept-26 oct. 2009, à l’École régionale des beaux-arts de Rennes

L’association TRAVESÍAS développe depuis quelques années des projets au confluent des arts plastiques et de l’écriture. Elle organise des déplacements d’artistes, de poètes et de théoriciens, dans l’idée de générer du lien entre des régions en dehors des grands axes. Elle contribue ainsi à mener une réflexion sur les manières de faire et de penser l’art aujourd’hui. Le réseau, la relation humaine dans des allers-retours, le passage du local au global sont les concepts clés du projet de TRAVESÍAS dans cette ère du tout virtuel.
Les premiers échanges ont été initiés à partir de l’Argentine du fait de la relation très particulière de ce pays avec l’Europe. Ainsi, en 2007, la présentation à Rennes, au Bon Accueil, des archives de Tucumán Arde, mouvement d’avant-garde des années soixante en Argentine, avait donné un éclairage sur l’engagement des artistes de cette époque. Dans les débats des artistes apparaissait le souci de faire en sorte que leur engagement social et politique rejoigne le côté expérimental de leur langage artistique. León Ferrari a participé à ce mouvement.
Poursuivant cette recherche, TRAVESÍAS présente l’exposition « Nosotros no sabíamos » avec le partenariat de l’École des beaux-arts, du centre d’art contemporain La Criée et du Musée de la danse de la Ville de Rennes.

Entre les années 1976 et 1983, l’Argentine a vécu sous une des dictatures militaires les plus terribles d’Amérique latine. « Nosotros no sabíamos » réunit des séries d’illustrations, de collages et d’héliogravures de León Ferrari réalisées dès 1976. Dans les années qui ont suivi la dictature, la phrase « Nosotros no sabíamos » était couramment entendue parmi la population : « nous ne savions pas ». Cette expression évoque l’attitude négligente et complice d’une grande part de la société par rapport aux événements de ces sept années d’horreurs. Ferrari a choisi ce titre pour l’ensemble des coupures de journaux qu’il a réunies pendant la première phase de la dictature. Il était en exil au Brésil suite à la disparition de son fils Ariel qui fait partie des 30 000 personnes disparues et assassinées pendant cette période. Les informations passées à travers le tamis de la censure ou bien volontairement infiltrées dans les journaux permettaient d’entretenir le climat de terreur. En mettant en évidence une réalité que tout le monde pouvait percevoir, l’artiste affirme que « nous ne savions pas » était impossible.
De retour à Buenos Aires, Ferrari effectue des collages pour illustrer le livre Nunca más édité par le journal Página/12 et par le département éditorial de l’Université de Buenos Aires en 1995. Chaque semaine, le journal a offert à ses lecteurs un fascicule avec les différentes sections du texte et les illustrations de l’artiste. Nunca más est le rapport de la commission nationale qui s’est occupée de la recherche sur la répression de l’État et sur la disparition des personnes pendant la dictature (CONADEP). Il a été publié pour la première fois en 1984.
L’expression nunca más, « jamais plus », traduit la volonté des Argentins de ne plus revivre les événements de ce passé douloureux.
Dans les séries « L’Osservatore romano » et « Nunca más », Ferrari montre les relations entre les représentations iconographiques de l’enfer au fil des siècles et les pratiques contemporaines de la torture. Dès 1965, avec La Civilisation occidentale et chrétienne, le collage d’un Christ sur un bombardier américain dénonçant la guerre du Vietnam, il questionne les rapports que le pouvoir politique entretient avec le pouvoir du clergé. L’ensemble de son œuvre, contenant des éléments subversifs, a suscité des protestations des mouvements catholiques conservateurs qui ont fait pression pour la fermeture des salles lors de différentes expositions à Buenos Aires.
[…]

Chantal Bideau et Bérénice Gustavino
Rennes, juillet 2009

Conférence le 22 sept. à l’ERBA, à l’invitation de La Criée centre d’art contemporain, Rennes
Andréa Giunta, théoricienne, professeur à l’université du Texas et à Buenos Aires.
annulé

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L’Association Travesías a pour but d’établir, à partir de la Bretagne, un réseau d’accueil international de création pour les artistes, théoriciens, écrivains. Elle souhaite développer une participation active des publics potentiels par les interventions dans l’espace public.

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